Contre les disparités territoriales et sociales en milieu rural, le ministre de l'Agriculture promet de réagir

ECONOMIE - Le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, Aziz Akhannouch, a déclaré, jeudi à Rabat, qu’un montant de 7,88 milliards de dirhams...

Contre les disparités territoriales et sociales en milieu rural, le ministre de l'Agriculture promet de réagir
VOLUBILIS, MOROCCO - JUNE 20 : The landscape and the campaign in Meknes area on June 20, 2019 in Volubilis, Morocco. (Photo by Frédéric Soltan/Corbis via Getty Images)

ECONOMIE - Le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, Aziz Akhannouch, a déclaré, jeudi à Rabat, qu’un montant de 7,88 milliards de dirhams (MMDH) a été affecté au titre de l’année 2020 au financement du programme de réduction des disparités territoriales et sociales en milieu rural (PRDTS).

Le ministre a précisé, dans un exposé devant la commission des secteurs productifs à la Chambre des représentants consacré à la présentation du projet du budget sectoriel de son département pour l’année 2020, que 3,42 MMDH de ce montant seront reversés par le Fonds de développements rural et des zones de montagne (FDRZM).Et ce, pour promouvoir le désenclavement (71%), renforcer les infrastructures scolaires (10%), les infrastructures sanitaires (3%) et l’alimentation en eau potable (12%) et en électricité (3%).

Selon le ministre, les ressources du budget du développement rural “ont connu une augmentation globale de 27% durant les années 2019 et 2020, à la faveur d’une hausse du budget de l’investissement, évaluée à 28%”.

S’agissant du programme de développement des zones oasiennes, de l’arganier et des zones de montagne, le ministre a indiqué qu’il sera procédé à la consécration de 95 millions de dirhams (MDH) pour la réalisation de nouveaux projets en partenariat avec les acteurs locaux selon des orientations stratégiques. Aziz Akhannouch a aussi annoncé le lancement et la poursuite de réalisation de projets dans le cadre de la coopération internationale pour un investissement d’environ 200,2MDH.

Dans ce cadre, 100 MDH seront reversés par fonds vert pour le climat, 4 MDH par le fonds d’adaptation au changement climatique, 20,5 MDH par la coopération belge, 35 MDH par la coopération allemande et 40,7 MDH par “d’autres bailleurs”.

Développement des filières de production animale et végétale

Le ministre a, par ailleurs, annoncé, à l’occasion, la poursuite de la réalisation du projet de développement rural dans les montagnes de l’Atlas avec des financements de l’ordre de 184 MDH. Un investissement qui met surtout l’accent sur le développement des filières de production animale et végétale, le développement et la valorisation des produits agricoles et sur les opérations d’aménagement hydro-agricole et l’aménagement de routes rurales.

Pour ce qui est de l’aménagement et du développement des forêts, le ministre a indiqué que le programme du ministère porte sur la plantation de 18.500 hectares, l’amélioration des pâturages sur une superficie de 7.700 hectares et la production de plants forestiers. Et d’ajouter que d’autres actions sont également prévues, telles que la valorisation de l’économie forestière et le développement des structures de l’économie sociale et solidaire.

D’après Akhannouch, les ressources du budget de fonctionnement et d’investissement dédié aux eaux et forêts ont enregistré une hausse de 6,5% en comparaison avec l’année 2019 (+15% pour le budget de fonctionnement et +3% pour l’investissement).

Les ressources du budget du secteur de l’agriculture ont, eux, évolué de 9% entre les années 2019 et 2020, a encore ajouté le ministre. Et de souligner que le fonds de développement agricole a affecté 1,9 milliard pour appuyer des projets d’irrigation localisée, 300 millions pour encourager la production de semences, soit une hausse estimée à 28%, 240 MDH pour encourager et appuyer le volume des subventions pour l’exportation des produits agricoles (+9%) et 120 MDH pour soutenir les unités de valorisation de la production agricole (+111%).

Par ailleurs, le ministre a fait savoir que le budget consacré au titre de l’année 2020 au secteur de la pêche maritime se chiffre à 819,9 millions de dirhams, dont 509,8 MDH pour le fonctionnement (62%) et 310,1 millions pour l’investissement (38%).

Il a poursuivi que les projets programmés dans le budget dédié à l’investissement concernent le soutien au Fonds de développement de la pêche maritime (100 MDH) et ce, pour l’achat notamment d’équipements de sauvetage et de sécurité maritime au profit des canots de pêche traditionnelle, le renforcement du contrôle des activités de pêche maritime et l’acquisition d’un système informatique.

D’après le ministre, les multiples programmes prévus au titre de l’année 2020 concernent aussi les projets aménagés et intégrés de pêche maritime et la pisciculture avec un investissement de 34,2 MDH.

De même, un montant de 35,6 MDH sera consacré à l’équipement des services centraux et extérieurs, 6,35 MDH pour des structures en charge de la formation, 8 MDH pour la construction d’un centre de formation professionnelle de pêche à Mohammedia, 8 MDH pour l’édification du siège de la délégation de la pêche maritime à Boujdour. A cela s’ajoute une subvention pour les établissements sous tutelle de l’ordre de 109,7 MDH.

Des projets du PRDTS ”à reconsidérer”

S’étalant sur la période 2017-2023, le PRDTS vise principalement le désenclavement des zones rurales et de montagne par la construction de routes et de voies en vue d’améliorer la qualité et les conditions de vie des populations.

Le programme tend aussi vers l’amélioration et la généralisation de l’accès aux services de base: eau, électricité, santé et éducation, mais aussi à mettre en place les conditions requises pour valoriser et renforcer le potentiel économique des régions rurales et de montagne.

Cependant, pour le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, “certains projets du programme de réduction des disparités territoriales et sociales doivent être reconsidérés, car ils ne répondent pas pleinement aux attentes de la population, a-t-il déclaré le 30 octobre dernier en réponse à une question orale du groupe Mouvement populaire (MP) à la Chambre des conseillers.