Les délais de paiement, freins majeurs au développement des petites entreprises au Maroc

ÉCONOMIE - Si le Maroc a gagné quelques places au classement Doing Business 2020, se rapprochant du top 50 mondial, il a encore des progrès à faire pour améliorer son climat des affaires. Selon les résultats...

Les délais de paiement, freins majeurs au développement des petites entreprises au Maroc

ÉCONOMIE - Si le Maroc a gagné quelques places au classement Doing Business 2020, se rapprochant du top 50 mondial, il a encore des progrès à faire pour améliorer son climat des affaires. Selon les résultats d’une étude réalisée par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), publiée ce 19 novembre, plusieurs obstacles empêchent les entreprises, notamment les petites et moyennes (TPME), de s’épanouir.

Parmi eux, les délais de paiement après livraison, qui constituent, pour la majorité des chefs d’entreprises (89%), un réel frein au développement de leur business. “Ce facteur menace beaucoup plus les TPME (90%) qui le considèrent comme obstacle majeur à très sévère à la continuité de leur activité”, note le HCP.

Aussi, 45% des chefs d’entreprises estiment-ils que le monopole de certaines entreprises est l’une des principales raisons qui les empêchent de décrocher une commande publique. Encore une fois, les TPE sont les plus touchées: 60% des chefs de ces très petites entreprises évoquent ce phénomène.

Autre obstacle au développement des TPME: le financement. Si une entreprise sur cinq recourt au financement externe, notamment le crédit bancaire, les TPME sont les plus confrontées aux difficultés d’accès au financement qui constituent un obstacle sévère pour 40% d’entre elles. Par ailleurs, 58% des chefs d’entreprises sont insatisfaits des services offerts par les institutions financières. Un mécontentement qui est là aussi plus accentué chez les TPE (63%).

Une majorité des entreprises (60%), toutes tailles confondues, s’accordent pour dire que le système fiscal est contraignant. Il constitue un facteur de découragement de l’investissement pour 95% d’entre elles, est une source de méfiance vis-à-vis de l’administration fiscale pour 88%, et favorise le recours à des pratiques informelles pour 69%. Par ailleurs, le système fiscal est considéré comme étant complexe par plus de la moitié des entrepreneurs (51%).

Enfin, selon le HCP, les chefs d’entreprises ont globalement une opinion peu favorable de leurs rapports avec l’administration publique. Les deux tiers des entreprises estiment que la complexité des procédures de l’administration est un obstacle au développement de leur activité. Pour la moitié des entreprises, la qualité de service, le délai de paiement et l’accès à l’information sont également des contraintes sérieuses. Un personnel non qualifié et l’absence d’une administration de proximité sont également évoqués.