L’Unesco recense sur une carte les 1349 journalistes tués dans le monde depuis 1993

SOCIÉTÉ - “La mort d’un journaliste ne devrait jamais signer la fin de la quête de vérité”, peut-on lire sur le site de l’Unesco ce samedi 2 novembre, dans le cadre de la Journée...

L’Unesco recense sur une carte les 1349 journalistes tués dans le monde depuis 1993

SOCIÉTÉ - “La mort d’un journaliste ne devrait jamais signer la fin de la quête de vérité”, peut-on lire sur le site de l’Unesco ce samedi 2 novembre, dans le cadre de la Journée internationale de la fin de l’impunité des crimes commis contre les journalistes. À l’occasion d’une campagne baptisée #KeepTruthAlive (“gardons la vérité en vie”), l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture a mis en ligne une carte Google Map (disponible ici) recensant les 1349 journalistes tués à travers le monde depuis 1993.

93% d’entre eux ont perdu la vie, non pas en zone de guerre, mais au cours d’une affaire locale. “Le but est de lutter contre cette idée reçue. Avec cette carte, les gens pourront découvrir l’histoire qui se cache derrière chaque journaliste tombé”, explique au HuffPost l’agence DDB Paris, qui a réalisé cette carte interactive.

8 journalistes tués sur le sol français

Afin de réaliser l’étendue de ces crimes, chaque région du monde est surplombée, sur la carte de l’Unesco, d’un rond rouge avec le nombre de journalistes tués sur son territoire depuis 1993. Alors que la France totalise à ce jour 8 journalistes tués à l’intérieur de ses frontières (lors de l’attaque de Charlie Hebdo), certains pays comme l’Irak en comptent 197.

Selon le dernier rapport publié par l’Unesco, la région des États arabes a été la plus meurtrière pour la presse (30% des assassinats dans le monde), suivie par l’Amérique latine et les Caraïbes (26%) et l’Asie-Pacifique (24%). De plus, 55% des assassinats de journalistes ont eu lieu dans des pays en paix, souvent pris pour cible en raison de leurs reportages sur la politique, la criminalité et la corruption.

Pour chaque journaliste tué répertorié sur la carte, une courte biographie apparaît à gauche de l’écran, indiquant le lieu et la date de sa mort. Mais pas que. Des liens Google pertinents ont également été intégrés afin de donner davantage d’informations sur les conditions de la mort du journaliste. Pour 93% d’entre eux, la mort est provoquée par des “forces locales”, “la mafia” ou “des commanditaires du gouvernement”.

Ces liens sont accompagnés d’une option de partage Twitter et Facebook donnant la possibilité à l’internaute de “demander justice” avec le mot-clé #KeepTruthAlive.

Un recensement déjà tenté par l’Unesco

À partir de 2003, l’Unesco a tenté de lister l’ensemble des journalistes tués à travers le monde, ce qui a d’ailleurs permis d’obtenir des fondations solides pour constituer cette carte. En 2006, l’agence spécialisée de l’ONU avait également intégré un suivi juridique de chaque cas avec la mention “cas résolu” ou non. Une initiative qui a permis, dix ans plus tard, de constater que 9 cas sur 10 n’étaient pas suivis d’une action en justice. 

L’Unesco rend comptables de leurs actes tous ceux qui mettent les journalistes en danger, tous ceux qui tuent des journalistes, et tous ceux qui ne font rien pour mettre fin à cette violence.Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco

L’Unesco rend comptables de leurs actes tous ceux qui mettent les journalistes en danger, tous ceux qui tuent des journalistes, et tous ceux qui ne font rien pour mettre fin à cette violenceAudrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco

À partir de ce samedi et pendant dix jours, pour la seconde année consécutive, l’Unesco se lance donc dans une campagne en ligne, largement relayée sur les réseaux sociaux avec le mot-clé #KeepTruthAlive, qui donnera lieu à plusieurs événements à travers le monde (pour en savoir plus, cliquez ici).

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