Que vaut "Joker", film sombre et perturbant avec Joaquin Phoenix

CINÉMA - Ça faisait longtemps qu’un film n’avait pas fait couler autant d’encre avant même sa sortie. Le tant attendu “Joker”, porté par Joaquin Phœnix en anti-héros,...

Que vaut

CINÉMA - Ça faisait longtemps qu’un film n’avait pas fait couler autant d’encre avant même sa sortie. Le tant attendu “Joker”, porté par Joaquin Phœnix en anti-héros, sort enfin au cinéma ce mercredi 9 octobre. Au-delà de la polémique d’incitation (ou non) à la violence, que vaut vraiment le long-métrage de Todd Phillips?

Ceux qui ne jurent que par l’histoire des comics risquent d’être déçus, ceux qui n’aiment pas les films de super-héros seront ravis. Le “Joker” de Todd Phillips, s’il s’inscrit forcément dans l’univers des films narrant les aventures de Batman et de ceux qui l’entourent, est une histoire originale et inédite. Le réalisateur et co-scénariste imagine la vie d’Arthur Fleck et tous les événements qui l’entraînent à devenir le Joker.

Il dresse le portrait sombre d’un homme fragile psychologiquement qui ne trouve pas sa place dans la société. Le personnage, incarné un Joaquin Phoenix amaigri, vit avec sa mère malade dans un immeuble délabré. Il rêve d’une carrière dans le stand-up mais officie comme clown dans une entreprise sordide. Jusqu’au jour où sa détresse se transforme en violence.

Son maquillage de clown et ses crises de rire incontrôlées (qui déconcertent tous ceux qu’il croise) sont à l’opposé de ce qu’il est vraiment: un homme mentalement malade, blessé et perdu. Et nous, spectateurs, assistons mal à l’aise et impuissants à sa descente aux enfers.

Joaquin Phoenix au sommet

Nous avons été conquis, mais qu’en pensent les critiques ?

Stéphane Delorme des Cahiers du cinéma décrit le “Joker” comme “un soubresaut de Hollywood, ce cadavre fardé qui prouve quand il veut qu’il peut encore faire un peu de cinéma”. Le Parisien souligne “une mise en scène étonnante et une performance ahurissante de Joaquin Phoenix”. Et Le Monde dit de Todd Phillips qu’il filme “une version sociopoétique du personnage, incarné magistralement par Joaquin Phoenix”.

Du côté des déçus, une critique “pour/contre” de Télérama dénonce un “emballage auteuriste” qui “empile lourdement les signes de gravité, société malade, monde sans pitié, douleur colossale sous la grimace du rire et les gesticulations”. Un journaliste du Guardian n’hésite pas à titrer sur “le film le plus décevant de l’année”, “désespérément sérieux et très superficiel”.

Le Hollywood Reporterpublie lui les commentaires de plusieurs membres de l’Académie des Oscars (en conservant leur anonymat). Si certains décrivent une “violence gratuite qui envoie un message très étrange” et “une représentation irresponsable de la maladie mentale”, la majorité d’entre eux ne cache pas son enthousiasme.

“Joaquin Phoenix n’a jamais été aussi bon. La façon dont lui et le réalisateur gèrent la transformation d’Arthur en Joker est nuancée et magistrale”

″Ça m’a mis mal à l’aise du premier au dernier plan, mais j’ai trouvé le film extraordinaire”

“J’ai trouvé que la réalisation était exceptionnelle -certainement le film de super-héros le plus innovant depuis ‘The Dark Knight’. C’est courageux, vrai, beau, et je crois une tentative de comprendre ce qui se passe dans notre société en ce moment”

“Joaquin Phoenix est génial en Joker et l’histoire est captivante. Je ne sais pas si c’est un ‘meilleur film’, mais Joaquin Phoenix est génial”

Déjà récompensé du Lion d’or de la Mostra de Venise en septembre, le “Joker” mériterait bien de décrocher plusieurs nominations aux Oscars pour voir, qui sait, Joaquin Phoenix auréolé de la statuette du meilleur acteur. Il le mériterait.

Cet article a été initialement publié par Le HuffPost France.